Maple Leaf, Philharmonique, Eagle : les pièces bullion modernes

On les appelle pièces « bullion », d’un mot anglais qui désigne le métal précieux en barres ou en masse. Ce sont des pièces d’or frappées par des États pour les épargnants, en grande quantité, dont le prix suit avant tout la valeur de l’or qu’elles contiennent. Après le succès du Krugerrand sud-africain, plusieurs grands pays ont lancé leur propre pièce en once. Voici les plus répandues et ce qui les différencie.
Le principe commun
Toutes ces pièces partagent quelques traits :
- elles sont émises par une monnaie d’État (ou sous son autorité) et portent une valeur faciale, symbolique au regard de la valeur du métal ;
- leur format de référence contient une once troy d’or fin, soit environ 31,1 g (voir notre article sur l’once troy) ;
- elles existent en fractions (demi-once, quart d’once, dixième d’once, parfois davantage) ;
- en France, elles répondent à la définition de l’or d’investissement et sont donc exonérées de TVA.
Ce qui les distingue tient surtout à l’alliage, au dessin et au pays d’émission.
Or pur ou or allié
Deux familles coexistent. Les pièces en or pur à 999,9 millièmes (24 carats) ont une couleur jaune vif et pèsent exactement leur contenu en or fin ; elles sont en revanche plus tendres et se marquent plus facilement. Les pièces en or à 22 carats (916,7 millièmes) sont alliées à d’autres métaux, souvent du cuivre et parfois de l’argent : elles sont plus résistantes, un peu plus lourdes que l’or qu’elles contiennent, et de teinte plus chaude.
Pour un épargnant, la différence d’alliage ne change pas la quantité d’or : une once d’or fin reste une once d’or fin. Elle joue sur l’aspect et sur la sensibilité aux chocs.
Les grandes pièces en once
| Pièce | Pays | Lancement | Titre actuel | Valeur faciale (1 once) |
|---|---|---|---|---|
| Maple Leaf | Canada | 1979 | 999,9 ‰ | 50 dollars canadiens |
| Panda | Chine | 1982 | 999 ‰ | 500 yuans |
| American Eagle | États-Unis | 1986 | 916,7 ‰ (22 carats) | 50 dollars |
| Britannia | Royaume-Uni | 1987 | 999,9 ‰ | 100 livres |
| Philharmonique | Autriche | 1989 | 999,9 ‰ | 100 euros |
La Maple Leaf canadienne
Frappée par la Monnaie royale canadienne, elle porte au revers une feuille d’érable, emblème du Canada, et à l’avers le portrait du souverain britannique, chef d’État du Canada. Elle a été parmi les premières grandes pièces en or pur. Les émissions récentes intègrent des dispositifs de sécurité gravés pour compliquer la contrefaçon.
Le Philharmonique de Vienne
Émis par la Monnaie autrichienne, il célèbre l’Orchestre philharmonique de Vienne : un orgue d’un côté, des instruments de musique de l’autre. Libellé en schillings à son lancement, il l’est en euros depuis l’adoption de la monnaie unique. C’est l’une des rares pièces bullion émises par un pays de la zone euro, ce qui en fait une pièce très présente en Europe.
La Britannia
Frappée par la Royal Mint, elle représente Britannia, figure allégorique du Royaume-Uni, casquée et tenant un trident. Longtemps proposée en or à 22 carats, elle est passée à l’or pur au début des années 2010.
L’American Eagle
Émise par la Monnaie des États-Unis, elle reprend à l’avers la Liberté en marche dessinée par Augustus Saint-Gaudens pour la 20 dollars Double Eagle du début du XXe siècle. Elle est restée en or à 22 carats. Une version en or pur existe sous un autre nom, le Buffalo, lancé plus tard.
Le Panda chinois
Le Panda a une particularité : son dessin change chaque année, ce qui lui donne un attrait de collection en plus de son contenu en or. Autre singularité, depuis le milieu des années 2010, la Chine l’exprime en grammes et non plus en onces : la pièce de référence contient 30 g d’or fin, un peu moins qu’une once. Il faut en tenir compte au moment de comparer les prix.
Comment s’y retrouver
Pour un acheteur français, le choix entre ces pièces relève surtout de critères pratiques :
- la notoriété auprès des revendeurs : toutes ces pièces sont connues, mais certaines sont plus courantes que d’autres d’un pays à l’autre ;
- la prime : l’écart entre le prix de la pièce et la valeur de son or varie selon la pièce, la taille et la période ; les fractions coûtent proportionnellement plus cher ;
- la fragilité : les pièces en or pur se rayent plus facilement et se conservent de préférence en capsule (voir bien conserver ses pièces) ;
- l’état : une pièce bullion se revend au poids d’or, mais une pièce abîmée peut être moins bien reprise.
Ces pièces étrangères en once côtoient sur le marché français les pièces anciennes comme le Napoléon ou le Souverain, ainsi que les lingots. Le choix entre ces formats relève de la situation de chacun et, pour une décision patrimoniale, d’un conseiller.
En résumé
- Les pièces bullion sont des pièces d’or d’État pensées pour l’épargne, au prix lié au métal.
- Leur format de référence contient une once troy d’or fin, avec des fractions.
- Maple Leaf, Philharmonique et Britannia sont en or pur ; l’American Eagle est en or 22 carats.
- Le Panda change de dessin chaque année et s’exprime aujourd’hui en grammes.
- Retrouvez les pièces anciennes du monde entier dans notre rubrique des pièces d’or étrangères.



